La Suisse a besoin de talents internationaux. Elle a aussi besoin d'un meilleur accompagnement.
La Suisse dépend de médecins venus de l'étranger.
Dans le même temps, elle limite le nombre de personnes pouvant étudier la médecine sur son propre territoire.
Cela mérite que l'on s'y arrête un instant.
Je suis Suisse.
J'ai grandi dans ce système. Une grande partie de ce qui le fait fonctionner nous paraît naturelle. Presque invisible.
La Suisse est un petit pays.
C'est pourquoi nous limitons volontairement l'accès à certaines professions. La médecine en est l'exemple le plus connu.
Numerus clausus.
Accès réglementé aux universités.
Capacités de formation limitées.
Ces choix reflètent l'importance que nous accordons à la qualité et à un système maîtrisé.
Mais ils ont aussi une conséquence.
Nous ne pouvons pas former nous-mêmes tous les spécialistes dont nous avons besoin.
Nous faisons donc appel à des professionnels internationaux.
Médecins.
Ingénieurs.
Chercheurs.
Spécialistes de l'informatique.
Et de nombreux autres professionnels hautement qualifiés.
Nous avons besoin d'eux.
Et beaucoup souhaitent sincèrement construire leur vie en Suisse.
C'est ici que le véritable défi commence.
Nous faisons venir ces personnes pour renforcer notre économie.
Puis nous nous attendons souvent, sans même nous en rendre compte, à ce qu'elles comprennent immédiatement un système que beaucoup de Suisses connaissent surtout parce qu'ils y ont grandi.
Le fédéralisme.
Les différences entre les cantons.
Les particularités communales.
Le système d'assurance.
Le système fiscal.
Les procédures administratives.
Pour nous, tout cela paraît naturel.
Pour une personne qui arrive de l'étranger, cela peut sembler difficile à décoder.
Lorsque l'incertitude s'ajoute au manque de contexte, une réaction très humaine apparaît.
Les personnes se tournent vers ce qui leur est familier.
La communauté expat.
Les réseaux internationaux.
Les personnes vivant une expérience similaire.
Puis nous nous interrogeons sur les difficultés d'intégration.
Pourtant, ce rapprochement avec la communauté expat n'est généralement pas un manque d'intérêt.
C'est souvent une conséquence de l'incertitude.
Lorsqu'on ne connaît pas les règles, il est naturel de chercher ce qui procure un sentiment de sécurité.
Vu depuis la Suisse, cela peut parfois être interprété comme un manque d'intérêt pour la culture locale.
Alors qu'il s'agit bien souvent d'un simple malentendu.
Nous devrions considérer l'intégration dans un nouveau pays avec le même sérieux que l'intégration dans une nouvelle entreprise.
Lorsqu'une personne rejoint une entreprise suisse, nous expliquons les processus.
Nous documentons les attentes.
Nous accompagnons les premiers pas.
En revanche, lorsqu'une personne déplace toute sa vie en Suisse, nous supposons souvent qu'elle comprendra le système d'elle-même.
La clarté n'est pas une faiblesse.
Expliquer le fonctionnement de notre système ne diminue pas notre culture.
Au contraire.
Les personnes respectent ce qu'elles comprennent.
La Suisse a besoin de talents internationaux.
Et ces talents ont besoin d'un système stable, mais aussi compréhensible.
C'est cet équilibre qui renforce les deux.
Si nous attendons des performances de niveau mondial de la part des talents internationaux, nous devrions aussi leur offrir un accueil à la hauteur de notre pays.
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Jhon Gottlander
Co-Founder, Switzerland in a Box
